Marie Stuart (Linligthgow 1542 - Fotheringay 1587). Reine de France (1559 - 1560). Femme de François II. Inhumée à l'abbaye de Westminster à Londres. On a tout écrit sur la vie tragique de Marie Stuart, reine d'Ecosse, qu'on a presque oublié qu'elle fut brièvement une éclatante reine de France. Fille de Jacques V d'Ecosse et de Marie de Guise, elle est fiancée avant même d'avoir 6 ans, au dauphin de France, François qui en avait 4 et demi. Elle arrive donc toute jeune en France, dans une magnifique succession de fêtes et "d'entrées". C'est à la cour d'Henri II qu'elle sera élevée, excellant aux exercices du corps comme à ceux de l'esprit. Bonne cavalière, grande chasseresse, elle danse et chante à merveille, tout en sachant toutes sortes de langues et en composant des poèmes. Elle devient une des femmes les plus séduisantes de son temps. Les poètes de l'époque, Du Bellay, Ronsard la couvrent de louanges et même s'il y a là une part convenu, on sent pourtant qu'ils ont pour elle une véritable admiration. A seize ans en 1558, elle épouse le jeune dauphin dans une fête resplendissante. La même, elle commet ou on lui fait commettre sa première grave erreur politique. A la mort de Marie d'Angleterre, elle se fait une ennemie "irréconciliable" d'Elisabeth en ne la reconnaissant pas comme reine légitime d'Angleterre et en élevant des prétentions à la couronne. François et Marie ajoutent en effet à leurs armes, les armes d'Angleterre, même si c'est sur ordre d'Henri II, Marie n'y renoncera jamais. François II et elle refusent de signer le traité d'Edimbourg par lequel les Ecossais s'engageaient au nom de Marie à reconnaître la légitimité d'Elisabeth. Quant à elle, elle se fera toujours appeler officiellement reine de France, d'Ecosse, d'Angleterre et d'Irlande. On sait ce qu'il adviendra de cette rivalité. En juillet 1559, la mort accidentelle d'Henri II la fait accéder au trône, femme d'un jeune roi maladif qui ne règne qu'à peine plus d'un an (il meurt en décembre 1560). Elle est donc vite précipitée du faîte, et se retrouve dans une position relativement précaire, dans une cour où elle n'occupe plus qu'une seconde place, après une Catherine de Médicis devenue toute-puissante depuis qu'elle est régente et qui ne l'aime pas. Malgré cela elle n'a pas envie de quitter la France pour rejoindre le royaume d'Ecosse Sa mère, qui y gouvernait de plus en son nom, est morte peu de temps avant François II et la situation s'y détériore parce que les lords calvinistes ne veulent pas de cette nièces des Guise, de cette reine dont le catholicisme leur fait horreur. Elle retarde son départ de plusieurs mois en s'accrochant à tous les prétextes. Il faut partir pourtant. Elle est raccompagnée jusqu'à Calais par un magnifique cortège et s'embarque pour l'Ecosse le 14 août 1561. On a souvent évoqué cette scène rendue plus mélancolique encore par ce qu'on sait de son destin, le navire qui s'éloigne, la terre de France suivie des yeux jusqu'à ce qu'elle s'efface, les larmes : "Adieu France ! Adieu France ! Je pense ne vous revoir jamais plus". La suite de ses malheurs appartient à l'histoire de l'Ecosse.